C’est à Secondigny que Christophe Prouteau exploite ses vergers. Eet si le terroir est ici très marqué par les pommes, lui, a fait le choix de la diversification : prunes, poires, pêches et même cerises, abricots, noix, kiwis lui permettent de poursuivre cette passion familiale de la terre héritée de ses parents et grands parents. Conscient que la fuite en avant vers toujours plus de volumes et donc de traitements n’était pas la solution, il a entamé une conversion de ses 10 hectares de cultures vers le bio. Une stratégie à long terme.

Comment êtes-vous venu à cette culture ?

Et bien j’ai repris en 2000 les terres de mes parents qui n’avaient pas pu trouver l’équilibre économique nécessaire pour poursuivre l’exploitation. Titulaire d’un BTA arboricole, je réalisais alors des prestations de taille et d’encadrement du personnel pour d’autres exploitations en Maine et Loire, Deux-Sèvres et Vienne et en parallèle, je passais le reste de mon temps et de mon argent à recréer le verger de mes aïeux.

Aujourd’hui, les pommes représentent près de la moitié du verger. J’ai aussi des poires, des pêches, des prunes. Ces fruits sont vendus à la ferme, directement au consommateur, ce qui représente environ 15% de mon chiffre d’affaires. Egalement à des grossistes locaux ou dans des réseaux spécialisés comme « Mangeons Bio Ensemble » ou Résalis qui fournit la restauration collective. Je vends aussi l’été dans le magasin « les producteurs réunis » sur l’île de Ré et toute l’année sur les marchés à Poitiers et Vasles.

Comment avez-vous abordé ce passage au bio ?

C’est une décision à prendre et il faut bien se dire que ceux qui vont tarder à s’y engager auront plus de mal à y arriver. Toutefois, on ne peut plus continuer à mettre en danger notre santé avec les résidus de produits chimiques et puis, le comportement du consommateur a fortement changé.

Néanmoins, il faut comprendre que quatre ans sont nécessaires pour obtenir le label AB et pendant cette période, il faut investir pour désherber mécaniquement les parcelles par exemple, subir des récoltes moindres en cas d’attaques de nuisibles et vendre ses productions à un prix bien inférieur à celui des produits bio.

Ce choix peut remettre en cause le développement de certaines variétés comme les cerises par exemple car il faut normalement des traitements lourds pour venir à bout de la drosophile qui attaque les fruits rouges ; d’où ma décision de diversifier encore davantage mes cultures et à regrets de faire moins de cerises et pourquoi pas d’autres variétés. La terre de la région de Secondigny est propice aux cultures de fruits ; il n’y a pas que les pommes en Gâtine !

Quelle est votre plus grande fierté d’entrepreneur ?

C’est certainement celle d’avoir réussi à rester indépendant, dans une petite structure familiale qui emploie deux personnes à temps plein toute l’année pour la boutique à la ferme, les marchés et jusqu’à 10 saisonniers lors de la cueillette. Ce sera bientôt celle d’avoir réussi à passer les cultures en bio et de réussir à en vivre.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaiterait s’installer ?

Bien cerner le projet est essentiel, avoir des connaissances techniques aussi, avec une bonne formation sur le terrain. Par contre, privilégier l’association avec une autre personne sur un verger déjà en place car démarrer de zéro, c’est un investissement important en foncier, végétaux, équipements d’irrigation, filets de protection contre la grêle… de l’ordre de 35 à 40000 € par hectare. Sachant qu’il faut attendre 3 à 4 ans avant d’avoir une première récolte, c’est compliqué.

 

Toutes les informations : http://lesvergersdesrivaux.fr